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Gaza : la condamnation à mort des patients atteints de cancer (Vidéo)

dimanche 17 février 2019

Des patients décrivent la mort lente à laquelle les condamne Israel en imposant un blocus qui dure depuis 12 ans, et les prive les patients de médicaments essentiels. En 2018, 1800 malades se sont vu refuser la possibilité de sortir de Gaza pour accéder à une chimiothérapie, contre 700 en 2017, rapporte l’OMS.

TRADUCTION

Une première patiente a pu être opérée d’un cancer du sein à Gaza en 2017

Mais Sabreen Al-Najjar, 40 ans, fait partie des nombreux patients souffrant d’un cancer, que les hopitaux de Gaza ont dû éconduire en raison de la pénurie de médicaments.

"Je viens à l’hopital pour mon traitement, et vraiment je suis désemparée, il n’y a pas de traitement possible. Est-ce ma faute si les médicaments manquent et si on ne peut pas me soigner ? Et il n’y a pas que moi. Beaucoup de patients viennent pour recevoir un traitement, et n’en trouvent absolument aucun. C’est inimaginable. En fait, ils nous condamnent à mort, une mort lente."

- Le médecin : " Avant qu’Israël nous assiège, il y avait un ministère de la santé qui était matériellement en capacité de nous fournir en médicaments en quantité suffisante, pour assurer les soins et traitements de tous nos patients, que ce soit à Gaza, ou en Cisjordanie. Mais après le blocus implacable qui nous a été imposé il y a maintenant douze ans, beaucoup de médicaments ont fini par manquer dans les h^pitaux publics de Gaza. Israël bloque à son barrage militaire d’Erez, à Beit Hanoun (Nord de la bande de Gaza), les patients qui veulent se rendre en Palestine occupée pour pouvoir suivre leurs traitements. La situation est désastreuse. C’est un grand tourment pour un médecin d’être dans ce désarroi. Trois patients sont venus me solliciter récemment pour un traitement qui n’est plus possible dans nos hôpitaux.

L’un me dit : " Que dois-je faire, alors ?"

Et je n’avais aucune réponse à lui donner. Et avec la situation économique catastrophique qu’endure tout Gaza, ce patient ne pouvait même pas palier à cette pénurie en allant dans des pharmacies du secteur privé, car les prix y sont exorbitants. La situation est tragique pour tous ces patients, vraiment très dure pour eux."

- Un deuxième patient : " Pour la première opération, qui devait être une opération du colon, les médecins de l’hopital Al Shifa m’ont dit qu’ils ne pourraient pas m’opérer, car l’hôpital est absolument débordé par des situations de grande urgence, alors que mon état le nécessitait absolument. Ils m’ont dit qu’ils allaient faire en sorte que je reçoive mon traitement en dehors de Gaza, mais les trois fois où j’ai pu remplir les formalités pour partir, eh bien, à chaque fois, on m’a refusé, et je ne sais pas pourquoi."

Et les rares fois où les patients arrivent à se voir délivrer le permis qui leur donnera accès aux soins requis, en dehors de Gaza, leurs proches parents sont bien souvent dans l’interdiction de les accompagner.

- Le père d’une enfant : "Ma fille souffre d’une leucémie, d’un cancer tenace au niveau des ganglions lymphatiques, qui a été diagnostiqué il y a neuf mois maintenant. Elle est en chimiothérapie, dans le cadre du protocole de soins établi par les médecins. C’est un traitement qui est impossible ici, sur place, alors elle le suit dans d’autres hôpitaux, en Israël, en Cisjordanie ou à Jérusalem. Même lorsqu’on l’envoie en Israël, en Cisjordanie et à Jérusalem, on rencontre des difficultés. Vraiment, je ne comprends pas, j’ai fait toutes les démarches dix mois durant, pour que sa mère, ou sa grand-mère, puissent l’accompagner, et on ne fait que m’opposer une fin de non-recevoir. Notre fille doit avoir sa mère à ses côtés, car elle doit passer des tests médicaux tous les jours. Elle doit rester là-bas parfois une vingtaine de jours, voire plus d’un mois, et alors elle se trouve toute seule, avec des gens qui lui sont parfaitement inconnus, qu’elle n’a jamais vus, et en plus, à chaque fois, c’est jamais les mêmes. Elle en souffre beaucoup, et psychologiquement elle en est affectée. Elle me dit : " Papa, tu me fais partir avec des inconnus". Elle les voit pour la toute première fois, au barrage militaire d’Erez.

- Le médecin : "Les patients de Gaza ont le droit de se voir prodiguer leurs traitements, tout comme n’importe quel autre patient de par le monde. C’est un droit issu du droit international. Les partis politiques peuvent s’affronter comme bon leur semble, mais cela ne doit pas se faire sur le dos des patients (L’autorité Palestinienne fait également de la rétention sur l’envoi de médicaments à Gaza, pour monter la population contre le Hamas. NDLR). Ce sont des vies humaines qui sont en jeu, nous sommes en train de parler de la dignité des patients, nous sommes en train de parler de leur vie, nous sommes en train de parler de leur mort."

Video réalisée par Akram al-Wa’ra et Nidal al-Waheidi.

(Traduit par Lionel R. Pour CAPJPO-EuroPalestine)

Source : https://electronicintifada.net

CAPJPO-EuroPalestine

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