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Le résistant Issa Amro poursuivi ... par l’Autorité Palestinienne

mardi 2 avril 2019

Notre ami palestinien Issa Amro défenseur des droits de l’Homme et membre de l’association "Youth Against Settlements" ("Les jeunes contre la colonisation") à Hébron, fait l’objet de poursuites, non seulement de la part de l’occupant israélien, mais également de "l’Autorité Palestinienne".

Issa avait été arrêté il y a quelque temps par les policiers de Mahmoud Abbas pour avoir critiqué l’AP sur sa page Facebook. Il devait comparaître jeudi dernier à Ramallah, mais le tribunal a renvoyé l’audience au 22 mai, histoire de se donner plus de temps pour trouver des témoins à charge contre le militant.

Issa devait également comparaître lundi devant le tribunal militaire israélien d’Ofer pour répondre de sa résistance contre la colonisation.

Agissant indépendamment de l’AP, Youth Against Settlements (YAS) a créé le mouvement de « vestes bleues » pour remplacer les Observateurs Internationaux expulsés récemment d’Hébron par les forces de l’apartheid/ Le groupe a pour objectif de protéger les enfants qui vont à l’école ou en reviennent et qui sont régulièrement agressés par des colons ou arrêtés aux check-points par l’armée d’occupation.

A noter que lorsqu’il intervient au sommet de la Ligue Arabe à Tunis, Abbas y va de ses trémolos grandiloquents :"Le statu quo ne peut plus durer. Israel viole tous les accords depuis Oslo », déclare-t-il. Mais sur le terrain, c’est aux véritables résistants qu’il s’en prend.

Amnesty International s’est saisie du cas d’Issa Amro, et dénonce dans un communiqué la répression qui s’abat sur lui.

"Les poursuites contre Issa Amro, un défenseur éminent des droits humains, au motif qu’il a critiqué l’AP dans un post sur les réseaux sociaux, représentent un coup sévère porté à la liberté d’expression", écrit l’ONG.

"Il est déplorable qu’Issa Amro risque d’être emprisonné pour le simple fait d’avoir exprimé ses opinions sur internet. L’AP doit renoncer immédiatement à ces poursuites".

Issa Amro avait déjà été arrêté en 2017 par les "Forces de sécurité préventive" de l’AP, et était resté détenu pendant 7 jours, au cours desquels il avait subi des actes de torture assortis de menaces de mort, avant d’être libéré contre le versement d’une caution de 1.200 €. On lui avait ensuite déclaré que l’affaire était classée sans suites. Mais en février, un tribunal ("palestinien") d’Hébron a rouvert le dossier,

L’arsenal judiciaire de l’Autorité Palestinienne comprend notamment une loi réprimant "les délits commis par voie électronique", et s’appuie aussi sur le code pénal du royaume de Jordanie de 1960, qui punit les "outrages à autorité supérieure", précise Saleh Higazi, de la section Proche-Orient d’Amnesty International.

"Issa Amro nous a fait savoir qu’il avait reçu des menaces de mort sur les réseaux sociaux et sur son téléphone, de la part de partisans du Fatah, et qu’il en était de même pour d’autres militants de Youth Against Settlements".

Le Fatah n’a apparemment pas honte de ses agissements, puisqu’il a publiquement ordonné à toutes les organisations de la société civile en Cisjordanie occupée de ne pas travailler avec Issa et l’YAS, sauf à encourir des représailles.

Les colons juifs d’Hébron, qui savent lire, ont reçu le message du Fatah 5 sur 5, et ont depuis intensifié leurs provocations contre Issa et les membres de l’YAS.

Côté israélien, Issa Amro doit répondre de pas moins de 18 chefs d’accusation, liés à son activité de résistance non violente à Hébron, une ville palestinienne de Cisjordanie où l’occupation est particulièrement féroce.

Source : https://www.amnesty.org/en/latest/news/2019/03/palestine-authorities-must-drop-charges-against-human-rights-defender-issa-amro-for-peaceful-criticism/

CAPJPO-EuroPalestine

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