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New York : la police arrête des juifs … anti-occupation (vidéo)

dimanche 7 avril 2019

Obéissant au lobby israélien, la police de New York a arrêté vendredi de nombreux jeunes d’origine juive, qui protestaient contre l’occupation de la Palestine par le régime de l’apartheid.


A l’initiative du mouvement « IfNotNow » (« Maintenant ou Jamais »), des centaines de jeunes juifs états-uniens s’étaient rassemblés devant le quartier général de l’organisation BirthRight, un des principaux rouages de la machine de propagande israélienne outre-Atlantique et ailleurs dans le monde.

BirthRight (qu’on pourrait traduire par « Droit du Sang ») est une organisation financée par des milliardaires sionistes, le magnat des casinos Sheldon Adelson par exemple, qui propose des voyages en Israël tous frais payés à tout jeune d’origine juive.

Il s’agit d’une opération d’endoctrinement, au cours de laquelle les jeunes, solidement encadrés, sont invités à ne voir que les « réalisations merveilleuses » de « l’Etat du peuple juif » : pas question, notamment, de montrer l’occupation coloniale imposée aux habitants palestiniens, non plus que le statut de citoyen de seconde classe réservé à la minorité de Palestiniens citoyens d’Israël. Une balade en chameau dans le désert du Naqab/Neguev, dont les indigènes sont progressivement chassés, tient généralement lieu de démonstration de « l’exotisme arabe ».

(largement boycottée par les grands médias, l’action de IfNotNow a cependant eu un vaste retentissement sur les réseaux sociaux, à travers des reportages en direct sur Facebook entre autres)

Mais un vent de révolte souffle dans les rangs de la jeunesse juive, principalement universitaire, notamment depuis l’arrivée de Trump au pouvoir, et l’alliance entre ce politicien raciste et son partenaire israélien tout aussi raciste qu’est Netanyahou.

C’est dans ce contexte qu’est né et s’est développé le mouvement « IfNotNow ». Vendredi matin, plusieurs centaines de ses membres ont manifesté devant le siège de BirthRight, dont ils ont bloqué l’accès pendant plus d’une heure, afin de démystifier l’enfumage que représentent de tels voyages.

« Cessez de mentir à la jeunesse juive ! BirthRight, il faut choisir : c’est nous ou l’occupation », pouvait-on lire sur leurs pancartes. Plusieurs des manifestants de vendredi étaient des jeunes qui avaient participé à un voyage, et découvert sur place, malgré les efforts des organisateurs, une partie des persécutions subies par le peuple palestinien.

« Je suis née dans une famille où l’on m’a appris le respect de toute vie humaine. Lorsque je me suis inscrite pour un voyage BirthRight, je n’avais aucune idée ni préoccupation particulière concernant Israël. Quand on a visité le mémorial au génocide de Yad Vashem, j’ai été bouleversée, et à la sortie, j’ai dit à mes camarades que j’étais décidée à étudier pour devenir une avocate spécialisée dans la défense des droits humains. Ils m’ont répondu que je faisais fausse route, que ma réaction aurait dû être, après une telle visite, de m’engager dans la défense d’Israël ! Tout le reste du voyage organisé par BirthRight s’est déroulé dans un environnement diffusant la peur et le nationalisme », y a témoigné la jeune Rachel, 19 ans, de l’Université de Pennsylvanie.

« Moi aussi j’ai participé à un BirthRight. Je voulais poser des questions, mais je me suis rapidement rendu compte qu’avec notre guide, un raciste d’extrême-droite, il était tout simplement impossible de dialoguer. Pour ces gens-là, il n’y qu’une seule façon d’être juif, c’est en soutenant inconditionnellement Israël », a raconté de son côté un jeune homme nommé Yonah.

La menace pesant sur les participants qui posent trop de questions est d’ailleurs assez simple : l’annulation de leur billet d’avion de retour, qu’il leur faudra donc payer de leur poche.

« Moi, j’ai volontairement quitté le groupe au milieu du voyage d’une dizaine de jours : on était dans un bus, en route pour Jérusalem, et à un moment on passe devant la ‘barrière de séparation’ ; je m’attendais à ce que notre guide dise quelque chose, car on voyait bien une colonie ; personne dans le bus ne se doutait qu’on se trouvait en Cisjordanie occupée », raconte encore un autre.

« Alors je me suis levé, et j’ai demandé : ‘c’est bien une colonie israélienne qu’on voit là-bas ?’ Le guide a haussé les épaules, et a répondu que la Cisjordanie, c’était israélien, pareil que Tel Aviv ou Haïfa ».

CAPJPO-EuroPalestine

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