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26 janvier 2006

« Politique arabe de la France » : François Hollande se décide enfin à mettre en cause le CRIF

Le Premier Secrétaire du Parti Socialiste, François Hollande, a fini, après son interpellation publique par EuroPalestine, par démentir ce jeudi les propos odieux sur la « politique arabe de la France » et la nécessité de « réorganiser le recrutement » de l’administration, qui lui ont été attribués par le CRIF.

Quelle que soit notre appréciation sur la sincérité de François Hollande dans cette affaire, nous ne pouvons que nous en féliciter.
Il faut dire que nous avons reçu ces derniers jours une série d’échos en provenance d’adhérents et d’élus du Parti Socialiste, passablement gênés à la lecture des déclarations de François Hollande.

Nous mettons à votre disposition toutes les pièces du dossier :

1/ Publié sur le site du CRIF, le compte-rendu, par ce lobby, d’une rencontre avec François Hollande, le 30 novembre 2005.
Ce texte contient, entre autres génuflexions à la politique israélienne, les phrases suivantes :
‘’’ Il (François Hollande) a estimé par ailleurs qu’il y a une « tendance qui remonte à loin, ce que l’on appelle la politique arabe de la France et il n’est pas admissible qu’une administration ait une idéologie ». Il a ajouté qu’il y a un « problème de recrutement au Quai d’Orsay et à l’ENA » et que le recrutement « devrait être réorganisé » ‘’’.
Le texte intégral du CRIF était encore présent jeudi 26 janvier 2005 à l’adresse http://www.crif.org/?page=articles_display/detail&aid=5768&returnto=accueil/main&artyd=2. Nous en avons conservé une copie, au cas où il aurait disparu dans l’intervalle, et l’adresserons à tout internaute qui nous en fera la demande.

2/ CAPJPO-Europalestine a alors produit un article le 11-01-06, où nous dénonçons les propos de Hollande, et lui demandons explicitement, si d’aventure il estime que le CRIF a déformé ses dires, de s’en démarquer clairement, et publiquement.
On est alors le 11 janvier, et le texte du CRIF trône sur le site de cette organisation depuis plus d’un mois.

3/ Le PS publie un premier « démenti » qui n’en est pas un, puisqu’il s’abstient courageusement de citer la source des écrits incriminés, à savoir le CRIF. Un journaliste de Libération, nommé Didier Hassoux, se rend complice de la manœuvre, avec un article court mais tortueux, évoquant le « démenti » du PS, mais dans lequel la critique de la « politique arabe de la France » brille toujours par son absence.
Nous faisons alors une nouvelle dépêche, intitulée, « un vrai-faux démenti du Parti Socialiste ».
Ces articles (le nôtre, celui de Libération) datent du 18 janvier, mais, sur le site du CRIF, le compte-rendu maison de la séance avec François Hollande n’a toujours pas pris une ride !

4/ Il faut donc attendre ce jeudi 26 janvier pour que François Hollande, avec l’aide d’un autre journaliste de Libération nommé Eric Aeschimann, finisse par contredire le CRIF, et jurer ses grands dieux que les propos qui lui ont été attribués par le lobby sioniste sont contraires à la vérité.
On lira ci-dessous l’article de Libération qui met un terme provisoire à une polémique dont ni le PS, ni son chef, ne ressortent grandis. (A noter, mais pour l’anecdote seulement car la malhonnêteté de Libération n’est plus à démontrer, qu’Aeschimann trouve quand même le moyen de nous accuser d’avoir « déformé » les propos de Hollande, là où nous avons à chaque étape cité intégralement les propos et les sources de tous les protagonistes, avant d’exprimer clairement notre propre opinion, identifiée comme telle)

« Politique arabe de la France », Hollande travesti par le Crif.
Des propos du numéro 1 du PS ont été incorrectement reproduits.
par Eric AESCHIMANN
QUOTIDIEN : jeudi 26 janvier 2006
Déformé par Europalestine, tronqué par le Crif ! François Hollande souhaite avoir une « position d’équilibre » sur le conflit israélo-palestinien : c’est réussi. Ses propos tenus lors d’une rencontre avec le comité directeur du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) lui ont causé autant de soucis avec les pro-israéliens qu’avec les propalestiniens. Au point que, interrogé hier par Libération, il a démenti les propos que lui attribue un compte rendu du débat mis en ligne sur le site Internet du Crif sans l’accord du PS.
Le texte indique que le n° 1 du PS a dénoncé « une tendance qui remonte à loin, ce qu’on appelle la "politique arabe de la France", et il n’est pas admissible qu’une administration ait une idéologie » ; déploré « un problème de recrutement au Quai d’Orsay » ; et estimé que le recrutement « devrait être réorganisé ». Se fiant à ce document, le réseau Voltaire puis le site Europalestine ont accusé Hollande de vouloir « épurer le ministère des Affaires étrangères de ses éléments proarabes » (Libération du 17 janvier). Une interprétation démentie la semaine dernière par le PS. Mais, désormais, la version diffusée par le Crif est en cause.
« Ce que j’ai dit ce jour-là, déclare François Hollande, c’est qu’il y avait, dans la diplomatie de De Gaulle, puis de Giscard, puis de Chirac, ce qu’on appelle la "politique arabe de la France" et que je récusais cette expression. La France n’a pas à avoir une politique arabe, pas plus qu’une politique israélienne. J’ai ajouté que le Quai d’Orsay avait longtemps été identifié à cette politique, que son inspiration n’était pas équilibrée, mais je n’ai jamais parlé de recrutement et encore moins de l’ENA, qui n’est pour rien dans cette tradition du Quai. Le Crif a voulu utiliser mes propos dans le sens de ses thèses. »
Conversation. La rencontre du 30 novembre dernier n’était en rien un grand discours de politique étrangère. Il s’agissait d’une conversation à bâtons rompus de deux heures. Toutes sortes de sujets ont été abordés. Reprenant les thèses de certains cercles marqués à droite de la communauté juive, des intervenants ont attribué la responsabilité de la « politique arabe de la France » soit à l’influence du ministère des Affaires étrangères, soit à l’extrême gauche. François Hollande a été interpellé sur son alliance avec le PCF et les Verts, accusés d’être antisionistes. Un interlocuteur lui a demandé si José Bové dans la ligne de mire du Crif depuis ses déclarations sur les territoires occupés lui semblait comparable à Le Pen. « Vous vous moquez du monde ! », a répondu le n° 1 du PS.
Démenti. Or, dans son compte rendu, le Crif a omis certaines réponses. La mise en cause de Chirac dans la politique arabe a disparu. Tout comme la défense des Verts, du PCF et de José Bové. De ce dernier, le compte rendu assure que l’invité aurait dit : « Je ne l’ai pas rencontré. » Là encore, François Hollande dément : « Je n’ai jamais dit cela, car je l’ai souvent rencontré. J’ai seulement dit que je ne l’avais pas rencontré pendant la dernière campagne. » Au Crif, où la gêne est perceptible, on reconnaît que le compte rendu est « elliptique », avec des « raccourcis sortis de leur contexte », et on préfère souligner la « qualité du dialogue » qui a eu lieu avec François Hollande.

Par CAPJPO-EuroPalestine


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