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Racisme : les tribunaux rabbiniques valident « l’ADN juif »

mercredi 17 juillet 2019

Les rabbins israéliens harcèlent les immigrants de l’ex-Union Soviétique, exigeant de ces derniers qu’ils apportent une « preuve génétique » qu’ils sont effectivement « juifs », rapporte le quotidien Yedioth Ahronot.


Ces pratiques avaient déjà été dénoncées en avril, lors de la dernière campagne électorale, par le fasciste Avigdor Liberman, un individu aussi raciste que l’extrême-droite religieuse, mais dont la clientèle, souvent d’origine russe, est plus laïque que la moyenne des Israéliens.

Le ministre de l’Intérieur de l’époque, Aryeh Deri, du parti ultra-orthodoxe Shas, avait alors démenti, taxant les accusations de Liberman de calomnies.

Pourtant, le Yedioth Ahronot annonce mercredi avoir trouvé au moins 20 cas où des tribunaux rabbiniques ont exigé des preuves « génétiques » de judaïcité.

Bon an mal an, les tribunaux rabbiniques demandent à environ 5.000 personnes de prouver qu’elles sont juives, et un nombre croissant de ces demandes concernent des analyses d’ADN.

L’un de ces cas concerne un immigrant prénommé Oleg, qui souhaitait ce marier, autrement dit passer par la case rabbinat puisque le mariage civil n’existe pas dans la « seule démocratie du Moyen-Orient ».

Deux « experts » commis par le tribunal rabbinique lui déclarent alors que bien que la majorité des membres de la famille d’Oleg puisse effectivement être définie comme juive, il y a un problème du côté de sa grand-mère : le certificat de naissance et d’autres documents de cette dernière laissent à penser qu’elle n’était pas, en fait, la fille biologique de sa propre mère, elle-même estampillée juive !

Et comme le judaïsme est quelque chose qui se transmet par la mère, Oleg n’est donc pas juif, lui assènent les « experts ».

Le tribunal rabbinique d’Ashdod avait ordonné qu’on fasse une analyse ADN de ladite grand-mère, mais celle-ci est une personne très âgée, atteinte de la maladie d’Alzheimer, et le prélèvement ne se fit pas.

Aucun autre membre de la famille n’ayant pu être trouvé, le tribunal rabbinique d’Ashdod a donc statué que ni Oleg, ni aucun autre de ses proches du côté de sa grand-mère ne pouvaient être considérés comme juifs, et qu’ils ne pouvaient donc pas se marier.

Oleg, appuyée par une ONG venant en aide aux personnes victimes des pratiques rabbiniques, a fait appel devant une juridiction religieuse supérieure, et a obtenu gain de cause : sans que l’on sache comment ils s’y sont pris, les juges ont estimé que la grand-mère en question n’était certainement pas une enfant adoptée, et qu’elle était bien la fille juive de sa mère juive.

Mais pas question pour autant, pour la grand rabbinat, de reconnaître le racisme de ces « tests ADN de judaïcité ».

CAPJPO-EuroPalestine

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