Accueil > Actualités

Les bureaux de vote "non-juifs" sous haute surveillance

jeudi 1er août 2019

Le Likoud, parti d’extrême-droite de Benjamin Netanyahou s’est spécialisé dans le placement de caméras à l’intérieur des bureaux de vote des villes et quartiers ou vivent majoritairement les Palestiniens israéliens. Haaretz redoute l’emploi de ce même procédé pour les prochaines élections législatives.


Lors des dernières élections législatives en Israël, le Likoud s’était en effet vanté d’avoir acheté 1200 caméras destinées à surveiller le déroulement des élections dans les lieux "à majorité arabe".

Il s’agit des 20% de la population israélienne, ces citoyens israéliens d’origine palestinienne qu’Israel n’a pas réussi à chasser en 1948, et qui sont considérés à tous points de vue comme des citoyens de seconde zone.

Accusés en permanence de constituer une "cinquième colonne", ou tout simplement de mettre en cause la "pureté ethnique" de la population juive, tout est bon pour les humilier et pour tenter de réduire leur participation à la vie de cet Etat.

Parmi les méthodes visant à les humilier, mais aussi à les dissuader d’exercer leur droit de vote (l’un des seuls droits qu’ils ont encore, et dont se vante tellement Israël pour affirmer que cet Etat est démocratique), les dirigeants israéliens mettent régulièrement en place une surveillance massive ciblée lors des élections.

Pour les prochaines élections législatives qui auront lieu dans moins de 7 semaines, le journal Haaretz s’indigne dans un éditorial de ces caméras "placées spécifiquement dans les bureaux de vote des villes et quartiers arabes d’Israël", et qui ont pour objectif officiel de s’assurer de la "pureté du vote et des pratiques électorales" (les Arabes sont tous des fraudeurs, c’est bien connu)".

Selon l’éditorial du quotidien israélien, "c’est avant tout une manière d’intimider les électeurs arabes et de les dissuader d’exercer leurs droits démocratiques".

La firme de relations publiques Keizler-Inbar, qui avait géré pour le Likoud la précédente opération de placement de caméras dans les bureaux de voter à dominante arabe, s’était vanté sur sa page facebook, d’avoir "réussi à faire chuter la participation aux élections à moins de 50 % des inscrits de cette catégorie de la population, soit le taux le plus bas au cours des dernières années".

Il faut dire qu’à chacune des élections, Netanyahou a fait campagne pour déligitimer le vote des électeurs d’origine palestinienne, note Haaretz. Ainsi, en 2015, son parti avait appelé les Juifs à "sauver la nation face au risque constitué par le vote des citoyens israéliens non juifs".

Alors maintenant que le parlement a carrément voté l’été dernier la loi sur l’Etat-Nation qui stipule officiellement l’infériorité du cinquième de la population non juive, la remise en cause de leur libre exercice du droit de vote, est plus que jamais à l’ordre du jour.

(Traduction : CAPJPO-EuroPalestine)

Source Haaretz

CAPJPO-EuroPalestine

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0