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Espionnage : Israel équipe les Émirats arabes unis

lundi 26 août 2019

Les Panama Papers révèlent un accord d’armement entre Israël et les Émirats arabes unis, Abou Dabi ayant discrètement signé d’importants contrats avec un homme d’affaires israélien pour se doter de technologies d’espionnage et de surveillance.


Le prince héritier d’Abou Dabi, Mohammed ben Zayed (AFP)

" C’est fortuitement, en épluchant la partie concernant Israël des Panama Papers (documents confidentiels issus du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca détaillant des informations sur plus de 214 000 sociétés offshore), que les journalistes de Haaretz affiliés à l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ) ont découvert une énorme transaction d’armes entre un homme d’affaires israélien et les Émirats arabes unis (EAU).

L’homme s’appelle Matanya « Mati » Kochavi. À 57 ans, ce natif de Haïfa a fait fortune dans l’immobilier aux États-Unis lors du boom des années 1990.
En réalité, l’homme est connu dans le milieu de la défense comme un « intégrateur de solutions » et un bon intermédiaire dans les transactions internationales d’armement.

À la tête de nombreuses entreprises domiciliées en Israël, Suisse, Grande-Bretagne ou à Chypre, Kochavi profite de la paranoïa sécuritaire de l’après-11 septembre 2001 pour proposer des solutions de surveillance et de gardiennage.

Sa société 4D Security Solutions of South Plainfield décroche l’important marché de surveillance des trois aéroports de New York. Elle y installe un système électronique de détection d’intrusions sur les dizaines de kilomètres de clôtures qui ceinturent ces infrastructures ultrasensibles. C’est justement les données d’une des sociétés de l’empire Kochahvi qui ont été divulguées à l’occasion de ces nouvelles révélations sur le petit paradis fiscal des Caraïbes.

L’armée des Émirats arabes unis, a voulu se doter de ce type de capacités aériennes en prévision d’une guerre contre l’Iran.

Les documents obtenus par Haaretz en 2017 révèlent une transaction d’un montant de trois milliards de shekels (plus de 760 millions d’euros) dont une partie aurait été versée en espèces. Cette somme qui implique une des filiales du groupe et des personnalités émiraties, est liée à l’acquisition et la customisation de deux jets d’affaires civils en appareils d’écoutes et de collecte d’information.

Le montage financier passe par de nombreuses entreprises – c’est la méthode aux EAU – on achète rarement directement aux fournisseurs étrangers.
On attribue d’abord le marché à une entreprise locale appartenant toujours à un proche des familles princières, histoire de bien répartir la rente de l’énorme budget de la défense émiratie qui tourne autour de seize milliards de dollars pour une armée microscopique de 65 000 hommes.

Dans le cas des avions espions, l’armée choisit une entreprise d’Abou Dabi, créée en 2006 et détenue par Abdullah Ahmed Al Balooshi, un proche des services de renseignements.
Son nom : Advanced Integrated Systems (AIS). Sa spécialité : la fourniture des systèmes de sécurité et de surveillance.

Les archives du site internet de cette société indiquent qu’AIS gérait de nombreux projets aux Émirats et à l’international, son chiffre d’affaire avoisinerait le milliard de dollars.

AIS confie le projet d’intégration à l’entreprise suisse AGT International, qui appartient à Mati Koshavi. C’est AGT qui achète les deux appareils (des jets canadiens Bombardier) et les immatricule dans le paradis fiscal de l’île de Man, au large de l’Angleterre, en 2012.

Il y a un an, le premier des deux appareils a pu effectuer ses tests de vol en Grande-Bretagne, le second est encore en construction et devra voler prochainement. Les deux appareils seront livrés probablement en 2020.

Par ailleurs, C’est AGT International qui a fourni des milliers de caméras, de lecteurs de plaques d’immatriculation et toute l’infrastructure informatique pour la gestion de la sécurité urbaine à Abou Dabi et sur l’ensemble des frontières et postes d’entrée aux Émirats.

Officiellement, il n’y a pas de relations diplomatiques entre Israël et les Émirats arabes unis, mais toute cette infrastructure est gérée par un système d’intelligence artificiel livré par l’Israélien appelé Wisdom, qui brasse en temps réel des millions de vidéos et d’images prises sur l’ensemble du territoire, sans aucune garantie que ces données ne soient pas aussi sous contrôle d’autres entités que l’État émirati."

Par Akram Kharief

Source : https://www.middleeasteye.net/fr/en-bref/les-panama-papers-revelent-un-accord-darmement-entre-israel-et-les-emirats-arabes-unis

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