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Procès BDS à Berlin : le "J’accuse" de Ronnie Barkan

vendredi 8 mars 2019

Notre ami Ronnie Barkan, opposant juif Israélien à l’apartheid israélien, et militant actif de la campagne internationale pour le boycott d’Israel, comparaissait cette semaine devant un tribunal berlinois, avec deux autres militants, Stavit Sinai, également juive israélienne, et Majed Abusalama, Palestinien, pour avoir interrompu en 2017, une conférence de la parlementaire israélienne Aliza Lavie, à l’Université Humboldt de Berlin. Ronnie a fait de son intervention devant la juge un véritable réquisitoire contre les crimes israéliens.


Les 3 inculpés de Humboldt, Stavit Sinai, Ronnie Barkan, et Majed Abusalama, lors de la remise d’un prix par les élus de Copenhague en février 2019

Accusé d’intrusion et d’agression, Ronnie Barkan a déclaré d’emblée :" Je suis ici aujourd’hui en tant qu’accusateur et non comme accusé",,quand la présidente du tribunal lui a donné la parole.

"Et je suis fier d’être ici, non par vanité mais parce que je sais, qu’en dénonçant publiquement les crimes perpétrés avec l’aide de cette parlementaire, j’ai agi de manière juste et pour le bien commun".

"La seule chose qu’on pourrait me reprocher c’est de ne pas en faire assez pour mettre un terme aux graves crimes commis par l’Etat d’Israël et sa politique d’apartheid", a-t-il ajouté, en démontrant point par point qu’Israël est effectivement un Etat d’apartheid.

Il a notamment souligné à l’appui de sa démonstration que la nationalité israélienne n’existait pas. "Ma seule nationalité d’après les lois israéliennes est la nationalité juive, et mes concitoyens d’origine ethnique ou religieuse différente, ont une autre nationalité que la mienne, et sont considérés et traités comme des citoyens de seconde zone".

"Dix autres millions de Palestiniens, a-t-il développé, vivent sous occupation, ou en tant que réfugiés, auxquels Israël nie tout droit fondamental et toute égalité.

Alors, quand cette députée israélienne, Aliza Lavie, qui est à la tête du groupe parlementaire de lutte contre le mouvement BDS, et qui fait partie de la commission Défense qui a approuvé le massacre de de 2200 Palestiniens, dont 551 enfants à Gaza en 2014, est envoyée dans différents pays européens pour promouvoir les violations israéliennes telles que les emprisonnements et la torture des enfants palestiniens, ainsi que le massacre de manifestants désarmés dans le ghetto de Gaza, Il est normal que nous intervenions.

Il n’y a eu aucune agression lors de sa venue à l’Université Humboldt de Berlin, sauf à considérer que lui tendre le rapport de l’ONU sur les crimes israéliens et lui demander de le lire en est une.

Et si ce n’est pas à Berlin, où puis-je dénoncer la barbarie d’un système qui fait une distinction entre "Ubermenschen et Untermenschen" ("surhommes et sous-hommes" en fonction de caractéristiques raciales ou ethniques ?

Et si ce n’est pas à Berlin, où puis-je en tant que petit-fils de rescapés qui auraient eu besoin que le monde proteste, faire savoir que nous ne nous tairons pas et que nous appelons les autres à ne plus jamais se taire à nouveau ?

Et si cette cour a peur de prendre ses responsabilités, qu’elle sache que je tiens à sa disposition la liste de mes actions d’interruption de représentants officiels de l’apartheid, et qu’aucune sanction ne m’empêchera de poursuivre ces actions tant que les crimes israéliens contre l’humanité n’auront pas été abolis."

Avec des accusés aussi prolixes, le tribunal a été obligé de programmer une deuxième audience mardi prochain pour terminer ce procès. Elle aura lieu le 11 mars à 9 H au tribunal de Moabit à Berlin, en espérant que ce soit dans une plus grande salle.

En effet, mardi dernier, des dizaines de sympathisants des 3 accusés ont dû rester à l’extérieur du tribunal ou bien se relayer pour entrer, la salle d’audience ne contenant que 25 places.

Source : https://freespeechonisrael.org.uk/barkan/#sthash.g1G6GruO.dpbs

CAPJPO-EuroPalestine

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