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17 mars 2011

Boycott Israël : manifestation de masse au tribunal de Bobigny, et "QPC" acceptée

Le ministère public et les officines sionistes à l’origine des plaintes contre la campagne BDS en ont été une nouvelle fois pour leurs frais, jeudi à Bobigny, où le tribunal a accepté les arguments des défenseurs de Maha, Mohamed, Olivia et Ulrich, et ordonné un renvoi de l’affaire à octobre.

A l’initiative de nombreuses associations (EuroPalestine, Parti des Indigènes de la République, Femmes en Noir, PCF, CGT, Sud de Bobigny, etc.), plus de 500 personnes se sont retrouvées devant le tribunal dès midi, une heure avant la comparution de nos camarades mis en examen pour une série d’actions de boycott des produits « Made in Israel » dans des hypermarchés de la région parisienne, aux lendemains de la tuerie de Gaza, début 2009.

Rappelons que ces procès, dépourvus de tout fondement juridique sérieux (on n’a jamais vu personne poursuivi pour avoir appelé au boycott de la Chine, du Soudan, du Mexique ou de la Patagonie), n’existent que par la volonté du gouvernement israélien, auquel la précédente ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie (elle-même boycotteuse du Mexique !) n’a rien su refuser.

Les officines israéliennes en France des agents provocateurs Sammy Ghozlan et Gilles-William Goldnadel se sont ainsi vantées d’avoir déposé une centaine de plaintes contre nous un peu partout en France, et Alliot-Marie avait donné l’ordre, au temps où elle pouvait encore donner des ordres, d’y donner systématiquement suite. Bonjour l’encombrement des tribunaux !

Dans une ambiance combative et joyeuse, où la foule arborait en nombre le désormais célèbre T-shirt vert « Palestine Vivra – Boycott Israël », plus d’une vingtaine d’orateurs se sont succédé à la sono installée sur le parvis du Tribunal de Bobigny, en présence de nombreux journalistes de la presse écrite et de caméras.

Outre les inculpés et les témoins (Mgr Jacques Gaillot, Alima Boumédiène-Thiéry, Patrick Braouezec, Jacques-Marie Bourget), prirent d’abord la parole des représentants des nombreuses délégations venues des régions et même de l’étranger (Belgique, Allemagne) appuyer la campagne BDS. Sans pouvoir les mentionner tous, saluons les interventions de Michel et Perrine (Strasbourg), Farida et Jacques (inculpés de Mulhouse), Nadia, Anne-Marie et Julien (Belgique), Sakina (inculpée de Bordeaux), Lila (Lyon), Nasser et Farid (Lille), ou encore Jacques (Nanterre-Palestine), Hassan (élu de Choisy-le-Roi), Benjamin (PCF Bobigny), Karim (PIR, Paris), et on en oublie forcément.

Parallèlement, banderoles et drapeaux de la Palestine étaient déployés sur le chemin menant au tribunal, la bien nommée « Passerelle Marie-Claire », baptisée ainsi en hommage au combat mené, dans les années 1970 devant ce même tribunal de Bobigny, pour conquérir le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG). La pionnière de ce combat pour la reconnaissance de l’IVG, l’avocate Gisèle Halimi, avait d’ailleurs adressé un message de soutien à Olivia, Maha, Mohamed et Ulrich, qui fut lu à la sono.

La question du ravitaillement avait été prévue, et les manifestants, entre musique et tombola (gros lot : un DVD des opérations de boycott) eurent la possibilité de se restaurer. Et aussi de s’inscrire à la mission Palestine de juillet, les timbres à l’effigie de la Palestine, étant particulièrement appréciés.

La générosité des participants a permis de couvrir les frais de justice de cette audience.

DANS LA SALLE DU TRIBUNAL

Ceux qui on pu rentrer dans la salle d’audience ne se sont pas ennuyés non plus.

D’une part parce que Me Antoine Comte a brillamment exposé la nécessité pour les plus hautes instances judiciaires de se pencher sur le texte d’une loi qui permet apparemment de confondre des produits (pamplemousses, avocats, dattes...) avec des personnes discriminées, et qui remet en cause la possibilité de sanctionner la politique d’un Etat, et comme par hasard un seul !

Si Madame Alliot-Marie, appelée à la barre, a brillé par son absence, les avocats de Goldanel et Ghozlan ont compensé, en créant un incident de séance à propos des T.Shirts "Palestine Vivra - Boycott Israël", leur faisant du coup une publicité inespérée.

Affolés de constater que l’une des personnes dans le public en portait un, ils ont demandé aux juges de faire retirer le T.Shirt ou de faire sortir la personne par la police. Un débat amusant s’est alors engagé, nos avocats faisant constater qu’il n’y avait pour l’heure aucun jugement négatif en la matière, et qu’en outre seule la mention "Palestine Vivra" était visible dans la salle. Les juges se sont donc retirés pour délibérer sur cette demande de la plus grande urgence. Et lorsqu’ils ont demandé à ce que les inscriptions soient recouvertes "pour la sérénité des débats", ainsi fut fait, avec un bel et grand... keffieh !

C’est avec un soulagement visible que la présidente du tribunal a accédé à la requête des avocats de la défense et accepté la "QPC" (Question Prioritaire de Constitutionnalité), qui demande à la Cour de Cassation de se pencher sur l’absence de clarté d’une loi qu’une ministre de la justice peut utiliser pour attenter à la liberté d’expression.

Un nouveau rendez-vous a été fixé au 20 octobre 2011, dans une ambiance de liesse.

Un grand merci au Bureau National de développement de l’antisémitisme en France (qui avait demandé l’interdiction du rassemblement devant le tribunal), à France-Israël, à "Avocats sans frontières", à la Chambre de Commerce France-Israël, à l’Association des Villes sinistrées d’Israël, et aux autres officines israéliennes qui contribuent à populariser en France la campagne internationale BDS, et à faire de chaque procès une occasion pour les militants d’affirmer haut et fort la nécessité de sanctionner la colonisation israélienne.







CAPJPO-EuroPalestine


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