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11 mai 2011

De l’eau dans le gaz entre l’Egypte et Israël...

Israël a de quoi s’inquiéter face à la série de mesures prises par le gouvernement intérimaire égyptien, analyse Jonathan Cook.

L’humeur du Caire tourne à l’hostilité contre la collaboration avec Israël

Par Jonathan Cook - Nazareth (7 mai 2011)

Le fossé qui va s’élargissant a été mis en lumière le 4 mai quand les chefs des partis palestiniens rivaux, Hamas et Fatah, ont signé un pacte de réconciliation dans la capitale égyptienne. Le rôle de l’Egypte dans cette négociation, la semaine dernière, a pris par surprise autant Israël que les Etats-Unis. Le premier ministre Benjamin Netanyahou, a parlé de l’accord comme d’un « coup terrible pour la paix et une grande victoire pour le terrorisme »..

D’autres développements ont ajouté à l’inquiétude israélienne quant à ses relations avec l’Egypte, dont des signaux indiquant que le Caire espère renouer des liens avec l’Iran et renégocier le contrat, signé de longue date, de fourniture de gaz naturel à Israël.

Le mois dernier Elaraby a dit que l’Egypte était prête à « tourner une nouvelle page » dans les relations avec l’Iran, relations qui s’étaient détériorées après la signature du traité de paix israélo-palestinien il y a plus de trente ans.

Des responsables égyptiens ont aussi prévenu que la fourniture de gaz naturel à Israël pourrait s’arrêter. Le pipeline a été attaqué deux fois du côté égyptien, et on relevait encore la semaine dernière, des actes présumés de sabotage.

Même si l’Egypte continue à faire transiter du gaz, il est presque certain qu’il y aura une importante augmentation des prix, à la suite des rapports d’accusation contre Moubarak et d’autres officiels, inculpés pour corruption en lien avec les contrats qui avaient fixé à un prix trop bas le gaz livré à Israël.

Yoram Meital, expert des relations israélo-égyptiennes à l’université Ben gourion de Bersheva, a déclaré que le changement de la politique égyptienne à l’égard de Gaza menaçait de « provoquer une crise sévère dans les relations Egypto-israéliennes » en sapant la politique d’Israël pour isoler le Hamas.

Des analystes ont déclaré que le Caire voulait retrouver son rôle traditionnel de leader dans le monde arabe, et se considérait comme handicapé par ses liens avec Israël. Menha Bahoum, porte parole du Ministère égyptien des Affaires Etrangères , a ainsi déclaré au New York Times la semaine dernière : « Nous ouvrons une nouvelle page. L’Egypte est en train de retrouver le rôle qui est le sien et auquel elle a renoncé dans le passé. »

Plus inquiétant encore pour les responsables israéliens, le projet des autorités égyptiennes d’ouvrir le passage de Rafah vers Gaza, fermé depuis quatre ans, et qui faisait partie du blocus soutenu par l’Occident.

L’Egypte travaille à mettre au point les formalités nécessaires à l’ouverture permanente de la frontière, a déclaré le Ier mai, à l’agence de presse Reuters, le responsable égyptien des affaires étrangères. Il devrait en résulter la fin du blocus.

Le même jour, le ministre égyptien des affaires étrangères, Nabil Elaraby, appelait les Etats-Unis à reconnaître l’état palestinien – avant la démarche, attendue pour septembre, du président palestinien Mahmoud Abbas, pour la reconnaissance aux Nations Unies d’un état palestinien.

Israël et les Etats-Unis proclament que les Palestiniens ne pourront obtenir leur état qu’à travers des négociations avec Israël, dont on ne voit pas comment elles pourraient aboutir, Israel ayant refusé de renoncer à la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

Selon des analystes, le gouvernement intérimaire égyptien, sous la pression populaire, se distancie clairement de la politique menée par Hosni Moubarak, bien que les Etats-Unis allouent à l’Egypte plus de 1,3 milliards de dollars d’aide par an, actuellement.

Le sentiment populaire en Egypte, tourne à l’hostilité contre des relations diplomatiques de proximité avec Israël. Un sondage publié la semaine dernière par le Pew Research Centre, indiquait que 54% des Egyptiens étaient favorables à l’annulation du traité de paix signé en 1979 avec Israël, contre 36 % qui souhaitent son maintien. Et des manifestations ont lieu devant l’ambassade israélienne au Caire, pour réclamer l’expulsion de l’ambassadeur, Yitzhak Levantin.

Dans des commentaires accordés à plusieurs publications, d’anciens responsables israéliens, sous couvert d’anonymat, ont déclaré au Wall Street Journal que les derniers mouvements du Caire pourraient « affecter la sécurité nationale d’Israël à un niveau stratégique » ou encore que « l’amélioration des relations entre l’Egypte et le Hamas pourrait permettre au mouvement islamique de développer une formidable machine terroriste et militaire ». (Jérusalem Post). Silvan Shalom, vice-premier ministre israélien, a déclaré le Ier mai à la radio israélienne, qu’Israël doit se préparer à des changements significatifs de la politique égyptienne et notamment à une influence croissante de l’Iran dans la région.

Le chef d’état-major égyptien, Sami Hafez Anan, a répondu dédaigneusement à ces déclarations, sur 0sa page Facebook, en disant : « Israël n’a aucun droit à s’ingérer. C’est une affaire Egypto-palestinienne ».

Signe d’affolement en Israël, Netanyahou réfléchirait à l’idée d’envoyer au Caire son conseiller spécial, Isaac Molto, pour des discussions avec le gouvernement intérimaire. Au cours des dernières semaines, Netanyahou s’est constamment plaint auprès des ambassadeurs européens et auprès des hommes politiques étatsuniens en visite de ce qu’il voit comme un nouveau climat, plus hostile, en Egypte.

http://www.redress.cc/palestine/jcook20110507

(Traduit par Carole SANDREL)

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