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9 août 2011

Cisjordanie : Israël démolit des citernes palestiniennes, restaurées pour recevoir l’eau de pluie

Israël a démoli 20 citernes qui collectent l’eau de pluie de la Rive Ouest pendant la première moitié de cette année, selon le Bureau pour la Coordination des Affaires Humanitaires (BCAH), qui veille sur les conditions dans les territoires palestiniens.



Le bédouin Falah Hedawa garde des moutons dans la région de Rashayida, dans le désert entre la ville de Bethléhem de la Rive Ouest et la Mer Morte,

RASHAYIDA - Creusées dans le roc, les citernes en forme de grotte qui parsèment le désert au-delà de Bethléem, recueillent depuis des siècles l’eau de pluie qui fournit de l’eau aux bergers et à leurs troupeaux pendant tout l’été.

Sous un soleil de plomb, un bédouin âgé explique que les citernes telles qu’il se les rappelle depuis son enfance, dont beaucoup ont été restaurées afin de fonctionner parfaitement il y a quelques années, contribuent à nouveau à aider sa communauté de chevriers à survivre.

C’est pourquoi, conclut-il, les autorités israéliennes qui contrôlent la Rive Ouest, en ont démoli au moins trois dans cette région depuis novembre.

« Leur but est peut-être de nous faire partir. Mais nous ne partirons pas », a déclaré Falah Hedawa âgé de 64 ans, assis sur des coussins dans sa tente familiale dressée dans les collines qui descendent vers la Mer Morte.

Israël a démoli 20 citernes qui collectent l’eau de pluie de la Rive Ouest pendant la première moitié de cette année, selon le Bureau pour la Coordination des Affaires Humanitaires (BCAH) lequel veille sur les conditions dans les territoires palestiniens.

Cette destruction fait partie d’une accélération marquée des démolitions des bâtiments palestiniens dans la « Région C » » - les 60% de la Rive Ouest sur lesquels Israël exerce un contrôle total.

Définie par les accords sur la paix provisoire conclus entre Israël et les Palestiniens dans les années 1990, cette Région C est celle où se trouvent toutes les colonies israéliennes de la Rive Ouest.

Pendant les six premiers mois de 2011, plus de Palestiniens ont perdu leurs maisons que pendant 2009 et 2010 réunis, selon le BCAH. Beaucoup d’entre eux étaient des bédouins. Jusqu’à présent, un total de 342 bâtiments appartenant à des Palestiniens ont été détruits dans cette région.

Il faut souligner que les démolitions sont exécutées au prétexte que ces structures, dont quelques-unes sont de simples tentes, ont été érigées sans la permission des Israéliens, laquelle est quasiment impossible à obtenir.

L’administration civile israélienne de Cisjordanie a également prétendu que la destruction de certaines citernes était justifiée par le fait qu’elles étaient situées dans "des zones d’entraînement militaire où l’utilisation des armes à feu pourraient représenter un danger pour les personnes."

Ceci, affirment les Palestiniens, n’est qu’une excuse qui fait partie d’un système de restrictions visant à décourager les Bédouins et à favoriser l’extension des colonies.

Les organisations non gouvernementales (ONG) qui soutiennent le programme de restauration des citernes se disent fort inquiètes : les Bédouins, dont le nombre avoisine les 25.500 dans la Région C, comptent parmi les plus pauvres de tous les Palestiniens.

DES CITERNES HISTORIQUES

Une fois restaurées, les citernes représentent pour eux un apport gratuit d’eau, diminuant leur dépendance de l’eau amenée à grand coût dans des réservoirs par des tracteurs jusqu’à leurs campements. « Ces citernes sont justifiées par l’histoire », a déclaré Nadi Farraj, expert agricole palestinien qui a contribué à la restauration d’environ 140 vieilles citernes ces quatre dernières années.

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Les Bédouins racontent que les citernes datent de l’époque nabatéenne et qu’elles sont donc vieilles de quelque 2 000 ans. Pendant la restauration, les ouvriers appartenant aux communautés bédouines, ont découvert divers objets dont des casques militaires de l’époque ottomane. Sur un site isolé dans le désert, parmi des structures de pierres que l’on peut considérer comme des restes d’une église chrétienne, les ouvriers ont trouvé des fragments d’antiques sols en mosaïque pendant qu’ils restauraient deux citernes où on mène aujourd’hui à boire les chèvres.

On a pris des photographies pendant les travaux de restauration qui montrent des espaces en forme de grottes, soutenus par des piliers et des passages voûtés. Les citernes ne sont pas toutes souterraines. Quelques-unes consistent en bassins creusés au fond de wadis et destinés à retenir les eaux de pluie.

« PENURIE D’EAU PARTOUT »

Dans le désert, aux portes de la ville de Zaatara, une citerne porte un symbole qui prouve qu’elle est antérieure à l’expansion de l’Islam du 7e siècle depuis la péninsule arabique, selon le notable local Ahmad Abou Rabada. Cette citerne est une des deux citernes dont la restauration a été interrompue par Israël en juin sous prétexte que la région se trouvait à l’intérieur d’une zone de tir. Abou Rabada a affirmé qu’aucun tir n’y avait été entendu depuis des années.

Il craint que la démolition de la citerne par l’administration ne soit imminente. Les démolitions ont été condamnées par les Nations-Unies. DanChurchAid, une ONG danoise qui a financé le programme, soutient que cinq des citernes sur lesquelles elle a travaillé ont été démolies cette année, trois par l’armée israélienne et deux par les colons juifs.

« La destruction d’antiques citernes d’eau et de ressources d’eau en général, c’est de la folie, et tout particulièrement dans une situation où les gens souffrent d’une pénurie d’eau », a-t-il déclaré.

Source : 25 juillet 2011. REUTERS/Mohamad Torokman.

(Traduction : Christian PETITJEAN )

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