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Comment Israël étrangle les paysans palestiniens

dimanche 24 novembre 2019

Les forces d’occupation israéliennes viennent de serrer encore un peu plus le nœud coulant qui étrangle les agriculteurs palestiniens, rapporte le quotidien Haaretz.

L’affaire concerne les terres agricoles coincées entre ce qui tenait lieu de frontière jusqu’à la conquête de juin 1967 et le tracé de la barrière d’annexion érigée plus à l’est en Cisjordanie.

Cette bande de territoire comprend environ 15.000 hectares de terres arables, soit près de 10% du total des terres arables de la Cisjordanie, ce qui est donc loin d’être négligeable.

Jusqu’à présent, lorsque l’armée israélienne délivrait aux agriculteurs des permis d’accès à leurs propres terrains, une procédure déjà sujette à de nombreux refus, le permis était de portée générale, indiquant seulement : « Entretien et exploitation du terrain ».

Mais la règle de ce « jeu » est devenue encore plus sadique : maintenant, un paysan palestinien doit avoir de « bonnes raisons » pour aller chez lui. En l’occurrence, l’armée a défini pour chaque catégorie de plantes cultivées un nombre de jours d’accès limité par an, la superficie des champs entrant également en ligne de compte.

Par exemple, si un terrain est planté en oignons ou en oliviers, son propriétaire ne pourra y aller que 40 fois par an, moins d’une fois par semaine. Mais si ce sont des figuiers, l’administration militaire, dans sa grande générosité, a prévu 50 accès par an ! Les tomates et les fraises, qui demandent des soins constants, sont au régime de 220 entrées, avant calcul en fonction de la taille du lot.

Et qui détermine la taille dudit lot ? Pas un notaire, pas une quelconque administration palestinienne, mais l’armée la plus morale du monde, une fois de plus.

L’occupant a ainsi trouvé une astuce supplémentaire pour tourmenter les Palestiniens : pour une propriété donnée, il divise celle-ci par le nombre total de membres de la famille concernée, nouveau-nés compris, et n’alloue donc à chaque demande individuelle qu’une fraction des champs à travailler.
En cas d’épuisement des jours alloués, un recours reste possible, mais à condition de prouver aux brutes que le travail agricole n’a pu être terminé dans le temps imparti.

Rappelons que les portails d’accès aux champs sont en nombre très limité -84 seulement, pour un tracé de plusieurs centaines de kilomètres de murs et clôtures électrifiées-, et qu’ils ne sont pas ouverts en permanence, tant s’en faut : selon l’ONG israélienne Hamoked, 9 seulement peuvent ouvrir tous les jours, 10 ne peuvent ouvrir qu’une fois par semaine, et les 65 restants n’ouvrant que de manière saisonnière.

Parallèlement, le taux de refus de permis d’accès a triplé en un an, passant à 72% de rejets des demandes en 2018 contre 24% en 2017. Selon Hamoked, on a là la conséquent directe du découpage comptable des champs palestiniens, puisque les refus sont officiellement motivés par le fait que la parcelle de l’individu demandeur est « trop petite pour être cultivée » !

“Israël ne cherche même plus à faire semblant de respecter les droits des paysans palestiniens à accéder à leurs terres piégées de l’autre côté du mur », commente dans le Haaretz Jessica Montell, directrice d’Hamoked. « Ce que l’on observe dans ces zones, c’est purement et simplement le vol de la terre », conclut-elle.

(Cher lecteur, peut-être avez-vous du mal à comprendre le système ? Autant que nous en avons eu nous-mêmes pour décrire ce régime kafkaïen).

ISRAEL – APARTHEID – BOYCOTT !

https://www.haaretz.com/israel-news/.premium-israel-limits-west-bank-farmers-access-to-lands-near-border-1.8166555?utm_source=smartfocus&utm_medium=email&utm_campaign=daily-brief&utm_content=https://www.haaretz.com/israel-news/.premium-israel-limits-west-bank-farmers-access-to-lands-near-border-1.8166555

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