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Dakar 2020 : blanchiment de crimes « à la française »

dimanche 5 janvier 2020

Le rallye automobile Dakar (anciennement rallye Paris-Dakar) qui démarre dimanche à grand renfort de publicité, a lieu cette année au pays des coupeurs de tête et tronçonneurs de journalistes, l’Arabie Saoudite du sanguinaire Mohamed Bin Salmane (alias « MBS »).

Arrosés par une manne de 80 millions de dollars, les organisateurs de cette manifestation dite sportive avouent sans se faire trop prier qu’ils sont là pour contribuer à donner « une autre image » de la monarchie pétrolière, championne, entre autres, de la peine de mort (180 exécutions minimum en 2019, principalement par décapitation mais aussi par lapidation et même crucifixion !).

Les entreprises françaises occupent une place prépondérante dans la mise en scène de ce show de 9000 kilomètres, avec Amaury Sport Organisation (ASO, l’organisateur du Tour de France cycliste), les envoyés spéciaux et caméras de France Télévisions, et une pléiade de boîtes de communication, notamment Publicis, Havas et Image 7, cette dernière présentant la particularité d’être dirigée par une ancienne membre du groupuscule néo-nazi Occident.

Des organisations de défense des droits de l’homme, notamment la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), ont bien tenté d’alerter les organisateurs sur l’obscénité d’une entreprise au profit d’un régime aussi moyenâgeux, qui bafoue les droits les plus élémentaires de la personne, à commencer par les femmes, indique le journaliste René Backmann sur Mediapart. En vain.

Le mauvais exemple, il est vrai, vient de haut, ajoute-t-il. L’Arabie Saoudite est un trop bon client des armes françaises, pour qu’on lui fasse les gros yeux. D’ailleurs, pas plus tard qu’il y a quinze jours, alors qu’on prenait connaissance de la parodie de procès des assassins du journaliste dissident Jamal Khashoggi, -des comparses présumés, pas le donneur d’ordre MBS bien sûr- la France de Macron livrait 3 navires de guerre supplémentaires au régime de Ryad.

A noter enfin que les motards et pilotes, en fin de parcours, frôleront les frontières du Yemen, pays où l’Arabie Saoudite inflige une guerre dévastatrice à la population depuis près de 5 ans. Il ne faudra pas qu’ils viennent se plaindre s’ils se prennent au passage une volée de missiles lancés par ceux que la presse occidentale appelle « les rebelles ».

CAPJPO-EuroPalestine

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