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"Les Laboratoires de la Haine" ou les dessous de la gestion des municipalités par le FN

vendredi 15 février 2019

RAS ? C’est ce qu’on pourrait penser à priori, tant le silence médiatique et étatique est total sur la gestion d’une dizaine de villes françaises par le FN. Pourtant, le sociologue Hacène Belmessous, qui a mené l’enquête dans deux de ces municipalités, dresse un bilan très inquiétant. Son nouveau livre, "Les laboratoires de la haine", qu’il présentera vendredi prochain, 22 février, à la librairie Résistances, révèle des pratiques des plus dangereuses et repoussantes.

Depuis 2014, le FN/RN dirige dans l’indifférence générale onze villes françaises. L’enquête, menée par l’auteur à Beaucaire (Gard) et à Mantes-la-Ville (Yvelines), montre comment les élus d’extrême-droite s’aatachent à déliter le lien social, à cultiver "l’entre soi", et à enraciner les pires fantasmes concernant les "Arabo-Musulmans".

La discrimination est en outre pregnante, avec la suppression de leurs fêtes de quartier, des subventions aux associations oeuvrant dans l’intérêt général, celle des activités extra-scolaires du mercredi, comme des colonies de vacances.

Les maires de ces villes ne cachent pas leur objectif : décourager ces Français d’origine le plus souvent maghrébine, de rester dans leurs villes et les amener à les quitter, afin de rendre ces dernières "plus homogènes".

Une "homogénéité" qui ne se contente pas d’obliger à chanter La Marseillaise avant tous les conseils municipaux, de débaptiser des rues pour rendre hommage à l’Algérie Française, ou de privilégier les commerçants qui vendent des produits du "terroir", en mettant au point un système d’amendes pour les autres, mais qui va jusqu’à faire commander à la bibliothèque municipale des journaux d’extrême-droite comme "Présent", et des auteurs "nostalgiques", propageant des théories sur la "guerre des civilisations" et la haine de l’Autre (d’Eric Zémmour à Philippe de Villiers, en passant par Denis Tillinac et Jean Raspail).

On est loin, souligne Hacène Belmessouss, de la vigilance à laquelle était soumise l’idéologie frontiste dans les années 1980 et 1990.

Et de s’interroger sur cette démission de l’Etat, et de l’ensemble des partis, sans parler des médias, face à la mise en pratique de la "préférence nationale", pourtant condamnée par tous les textes de loi.

En ce qui concerne les médias, on dépasse le stade du renoncement, avec des exemples de complaisance qui donnent froid dans le dos, comme la remise, en 2014, du prix de l’élu local, par un jury de journalistes présidé par Arlette Chabot à... Steeve Briois, le maire frontiste d’Hénin-Beaumont !

Il est donc urgent de lire ce livre (Editions Demopolis) d’Hacène Belmessouss, chercheur indépendant, qui a publié plusieurs autres ouvrages, notamment sur les banlieues, et de profiter du débat avec lui :

VENDREDI 22 FÉVRIER À 19 H (ACCUEIL À PARTIR DE 18 H 30)

A LA LIBRAIRIE RÉSISTANCES

4 Villa Compoint. 75017 Paris (à l’angle du 40 rue Guy Môquet). M° Guy Môquet ou Brochant. Ligne 13. Bus 31 : arrêt Davy-Moines.

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