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Ulcan (Chelli) renvoyé aux assises : sera-t-il extradé ?

mardi 18 juin 2019

Le repris de justice Grégory Chelli, dit Ulcan, a été renvoyé mardi par un juge d’instruction français devant une Cour d’assises, pour sa responsabilité dans la mort du père d’un journaliste, que ce nervis de la Ligue de Défense Juive (LDJ) avait harcelé en 2014.

C’est en tout cas ce que rapporte l’AFP, citant des « sources concordantes », et confirmant une information déjà donnée par le quotidien Haaretz en février dernier (voir http://europalestine.website/spip.php?article15082), mais pas relayée dans la presse hexagonale.

Déjà condamné, entre autres, pour le saccage de la Librairie Résistances en 2009, Chelli s’était ensuite « spécialisé » si on peut dire, dans la provocation téléphonique.

Disposant manifestement de complicités dans le système policier, Chelli, qui avait choisi Ulcan comme nom de guerre, avait alors multiplié des « canulars » téléphoniques sophistiqués, visant un vaste éventail de cibles : militants de la solidarité avec la Palestine (EuroPalestine, UJFP, AFPS, etc.), ou journalistes ayant exprimé des points de vue un tant soit peu critiques de la politique d’Israël.

Benoît Le Corre, du site aujourd’hui disparu Rue89, en faisait partie.
Le 29 juillet et le 1er août 2014, le trentenaire, déjà connu pour les canulars poussés à l’extrême de son site « ViolVocal », avait ciblé à deux reprises les parents du journaliste.

Piratant leur ligne téléphonique, l’homme âgé aujourd’hui de 36 ans, leur avait d’abord fait croire à la mort de leur fils.

Puis il s’était fait passer auprès des forces de l’ordre pour un forcené retranché qui avait tué sa femme et son bébé et avait donné l’adresse des parents du journaliste. Une vingtaine de policiers avaient cerné la maison à 4h30 du matin.

Quatre jours plus tard, le père du journaliste était victime d’un infarctus, avant de décéder un mois et demi après.

Le juge ordonne que Grégory Chelli soit jugé pour des « violences volontaires avec préméditation ayant entraîné la mort sans intention de la donner » et pour plusieurs délits liés à des canulars téléphoniques menés contre d’autres victimes entre 2012 et 2014, selon son ordonnance consultée par l’AFP.

Resté impuni en France, malgré des dizaines de méfaits et autant de plaintes, Chelli sentit alors le vent du boulet, et partit se réfugier au pays de l’apartheid, où les autorités lui fichèrent une paix royale, malgré une demande française d’extradition qui date maintenant de juillet 2015. Preuve des protections dont bénéficie le bonhomme au sein de l’appareil d’Etat israélien.

L’annonce de son renvoi devant une Cour d’assises est-il le signe que le gouvernement français est décidé à faire appliquer la loi, ne serait-ce qu’un peu, envers cet individu ? Et que des garanties, ou en tout cas des promesses, ont été obtenues par Paris concernant son extradition par les Israéliens ?

A suivre, d’autant plus que l’avocat Goldnadel, défenseur de Chelli comme il l’a été d’une série de membres de la Ligue de Défense Juive (LDJ), fera probablement appel de l’ordonnance de renvoi.

CAPJPO-EuroPalestine

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