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Mohammad El Halabi, symbole de l’acharnement d’Israel pour décrédibiliser l’aide humanitaire

jeudi 5 septembre 2019

Directeur du programme d’aide humanitaire de l’organisation caritative World Vision à Gaza, Mohammad El Halabi est détenu et torturé par Israël depuis 3 ans, accusé de détournement de fonds, en dépit de toutes les preuves du contraire.


(Faris, le plus jeune fils de Mohammad el-Halabi montrant une photo deson père alors qu’il n’était qu’un bébé. Photo Mohammed Al-Hajjar)

D’ailleurs, aucune condamnation n’a été prononcée à ce jour contre Mohammad El Halabi, malgré 119 comparutions devant des tribuanux militaires.
Et pour cause, l’association qu’il est censé avoir spoliée atteste qu’il ne manque rien dans ses caisses.

Ceci n’empêche pas l’occupant de maintenir son incarcération et d’exercer sur lui des pressions physiques et psychologiques, afin d’obtenir sa « confession ».
"Le but du régime de Tel Aviv n’est pas de détruire un homme en particulier, mais tout le système de solidarité internationale à l’œuvre dans les territoires palestiniens occupés", souligne Electronic Intifada.

« Sans avoir rien fait de mal, il fût arrêté » écrit Kafka à propos de Joseph K. dans Le procès. Le roman présente une situation si insensée que c’en est devenu un adjectif. Et pourtant, Israël sait se montrer plus kafkaïen que Kafka lui-même. Car c’est pour avoir fait quelque chose de bien, pour son travail humanitaire à Gaza, que Mohammad El Halabi a été arrêté.

Officiellement Israël l’accuse d’avoir détourné les fonds de l’association World Vision, son employeur depuis dix ans, au profit du Hamas. L’occupant avance le chiffre de 7 millions en un an.
Or, ce chiffre représente plus du double du budget que World Vision alloue à son programme à Gaza pour dix ans. Comment donc l’employé aurait-il pu détourner une telle somme, et ce sans attirer l’attention, interroge Electronic Intifada.
L’organisation s’est posé la question et a conclu, après un audit interne, qu’il n’y avait aucune irrégularité.
Le gouvernement australien, qui finançait le programme gazaoui, a lui aussi mené l’enquête. Conclusion : les accusations dont est victime Mohammad El Halabi sont infondées.

Mais le mal est fait, le programme d’aide humanitaire a entre-temps été interrompu. World Vision a dû mettre fin à son travail à Gaza, les gouvernements australien et allemand, ses principaux financeurs, ayant suspendu leur participation, de crainte de contribuer à leur insu au financement du Hamas.

Les cinq enfants de Mohammad ne cessent de l’attendre. Son plus jeune fils Faris, âgé de 4 ans, n’a pas de souvenirs de son père libre. Toutes les rencontres dont il se souvient ont eu lieu derrière les barreaux. Et son aîné de 15 ans est conscient que son père est un héros à Gaza, mais il le préfèrerait à ses côtés, de retour chez lui.

Khalil El Halabi, le père de Mohammad, ancien administrateur des programmes éducatifs de l’UNRWA (agence onusienne pour les réfugiés palestiniens), est convaincu que c’était là le but de l’opération. Comme il l’explique à Electronic Intifada, Israël utilise ce type de méthodes pour faire pression sur les gouvernements et organisations humanitaires souhaitant développer des programmes en Palestine occupée.

Son avocat, Maher Hanna, confirme qu’il a été torturé et qu’il a perdu 40% de son ouïe suite aux passages à tabac des sbires israéliens.

Khalil El Halabi, qui frappe à toutes les portes (associations de défense des droits de l’homme, ambassades, ONU…), témoigne : « Nous apprenons à nos enfants à respecter l’autre, quelque soit son origine ou sa religion. Mais ce respect n’est pas accordé à mon fils, détenu et torturé pour quelque chose qu’il n’a pas fait. C’est ça la paix dont parle Israël ? ».

(Traduit par Sarah V. pour CAPJPO-EuroPalestine)

Source : Electronic Intifada

CAPJPO-EuroPalestine

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