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Deux leaders d’extrême-droite au lieu d’un en Israël ?

jeudi 19 septembre 2019

Benjamin Nétanyahou est dans la mouise. Il n’a pas obtenu la majorité lui permettant de former le gouvernement de ses rêves, c’est à dire celui qui accepterait de voter des lois lui garantissant une immunité face aux poursuites judiciaires engagées contre lui pour de multiples charges de fraude et d’abus de confiance. Alors, il a appelé son rival Benny Gantz à former un "large gouvernement de coalition", avec une rotation à la tête du pays, chacun étant premier ministre. à son tour...

Rival, mais partageant les mêmes idées racistes et colonialistes. Ainsi quand Netanyahou a promis que s’il était élu, il annexerait 30 % de la Cisjordanie, Benny Gantz s’est écrié : "Il m’a volé mon idée !’

Ils sont l’un et l’autre passés de 35 sièges chacun sur les 120 du parlement, aux élections d’avril dernier, à 33 pour Ganz et 31 pour Netanyahou cette semaine.

Netanyahou avait pourtant mis le paquet : "Son échec est d’autant plus savoureux qu’il vient de mener, et de loin, la campagne la plus haineuse et violente de l’histoire israélienne", note Jonathan Cook, journaliste basé à Nazareth.

"D’après des rapports publiés dans les médias israéliens le jour de l’élection, Netanyahou était si désespéré de voir s’approcher l’échéance qu’il est passé à un cheveu de déclencher une nouvelle guerre à Gaza dans l’unique but de repousser le scrutin.", rapporte le journaliste britannique.

Quant à ses incitations à la haine contre les citoyens palestiniens d’Israël, elles ont battu des records, au point que Facebook a dû bloquer à deux reprises sa page facebook. Il a également tenté de faire passer une loi autorisant les militants du Likoud à filmer les bureaux de vote "arabes" —"ce qu’ils ont fait illégalement lors du dernier scrutin soit dit en passant", note Cook.

Cela s’est apparemment retourné contre lui, puisque la population arabe israélienne est allée voter plus massivement qu’en avril dernier, que la liste arabe unie obtient 13 sièges, et devient le premier parti d’opposition !

"Afin de survivre politiquement et d’éviter la prison, Netanyahu va devoir pratiquer la magie politicienne pour laquelle il est malheureusement connu.", commente Jonathan Cook qui envisage "de longues tractations et possiblement un troisième scrutin."

Ce qui ne change rien au sort des Palestiniens. "Qu’ils soient sous le régime militaire dans les territoires occupés ou encore citoyen de troisième classe en Israël- la politique menée sera de droite et d’une droite sans concession.
Sur le papier, le mieux placé pour former un gouvernement est Benny Gantz. Absurdement qualifié de « centre-gauche », il serait constitué d’une bande d’anciens généraux charognards du parti Bleu et Blanc, et des ultra-nationalistes du parti de Lieberman. Une ligne politique aussi à droite que celle de Netanyahou donc", conclut le journaliste.

"Un gouvernement d’union nationale entre les trois gros partis de droite (celui de Lieberman inclus) aurait toutefois un avantage en faisant de facto de la Liste Unie qui est le troisième parti en termes de sièges parlementaires, le principal parti d’opposition. Rappelons que Netanyahou qualifie ses membres de « dangereux antisionistes ».

Ayman Odeh deviendrait ainsi le premier leader palestinien à participer à des briefings réguliers avec le premier ministre et autres chefs de la sécurité.
Soyons toutefois vigilants, prévient Jonathan Cook, Netanyahou va encore rester à son poste plusieurs semaines avant que se forme un nouveau gouvernement."

(Traduit par Sarah V. pour CAPJPO-EuroPalestine)

Source : https://www.jonathan-cook.net/2019-09-18/israel-election-verdict-netanyahu-time-up/

CAPJPO-EuroPalestine

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