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Israël a tiré 347 fois sur des pêcheurs gazaouis en 2019

mercredi 15 janvier 2020

La marine de guerre israélienne a tiré 347 fois sur des pêcheurs gazaouis en 2019, et l’occupant a changé 20 fois les règles concernant l’accès des pêcheurs à leurs eaux territoriales !


Des pêcheurs palestiniens regroupent le poisson à vendre, dans le port de Gaza en avril 2019. Ashraf Amra APA images

Israël ne cherche même plus à cacher son intention de détruire complètement le secteur de la pêche, très important pour les Gazaouis.

La pêche, qui a toujours constitué une ressource importante pour l’économie de Gaza, a diminué de 5 fois en dix ans, en raison du blocus imposé par Israël, et des distances de plus en plus restreintes et aléatoires sont imposées par Israël aux pêcheurs qui vivent de cette activité et font vivre toute une partie de la population de cette enclave.

Alors que le nombre de pêcheurs étaient de 10.000 en l’an 2000, il est passé à environ 2000 pêcheurs actuellement.

Les violations du droit international à l’encontre des pêcheurs, recensées par l’ONG Al Mezan en 2019, concernent les tirs contre des pêcheurs. Seize d’entre eux ont été grièvement blessés, dont plusieurs qui ont perdu un oeil, et qui n’ont pas eu l’autorisation de sortir de Gaza pour se faire soigner. Certains ont même perdu la vue faute d’absence de spécialistes pour les prendre en charge.

Cette vidéo montre Saïdi, jeune père qui témoigne qu’il ne peut plus du tout pêcher aujourd’hui, après les blessures infligées par les tireurs israéliens.

Les forces d’occupation font également la chasse aux bateaux et barques de pêcheurs, les leur confisquent et emprisonnent les pêcheurs en Israël, ce qui a été le cas pour 35 d’entre eux en 2019, rapporte Al Mezan.

La marine israélienne quand elle capture des pêcheurs, les obligent souvent à se déshabiller et à nager tout nus, y compris quand l’eau est glaciale, en direction des bateaux pneumatiques israéliens.
Et ils sont ensuite soumis, en Israël, à des interrogatoires humiliants, et à différentes formes de tortures physiques, affirme-t-on de même source.
Et dans quatre cas, en 2019, Israël a même interdit toute sortie en mer à l’ensemble des pêcheurs de Gaza.

L’insécurité alimentaire augmente ainsi pour l’ensemble des Gazaouis, souligne Al Mezan qui rappelle qu’Israël viole en permanence la Convention de l’ONU sur les droits en mer, dont l’article3 stipule que “Chaque Etat a le droit d’établir ses besoins en eaux territoriales du moment qu’ils n’excèdent pas les 12 miles nautiques ».

Or Israël limite les pêcheurs à 6 miles nautiques, quand ce n’est pas encore moins, comme dans les eaux qui sont « à la frontière » nord avec Israël et où la limite est fixée à 1,5 mile, et à 1mile seulement pour les eaux de Gaza « à sa frontière » sud.

L’article 56 de cette même convention précise par ailleurs qu’un Etat côtier « a des droits souverains pour explorer, exploiter, conserver et gérer les ressources naturelles de ses eaux » .

Les puissances internationales portent la responsabilité légale et morale de ces violations israéliennes de droit international, commente Al Mezan.
Vidéo pêcheur Gaza

Netanyahou ne se cache pas d’utiliser l’industrie de la pêche gazaouie comme un moyen de pressions sur les 2 millions d’habitants de la bande de Gaza assiégés depuis 2006.

Bien qu’interdites par la Convention de Genève (qu’Israël a ratifiée), il s’agit de punitions collectives. Israël a par exemple imposé des restrictions aux pêcheurs, en représailles de ballons incendiaires lancés par les manifestants des Marches du Retour, même quand ces derniers n’avaient fait aucun dégât.

(Traduit par CAPJPO-EuroPalestine)

Source : Electronic Intifada

CAPJPO-EuroPalestine

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